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14 janvier 2022.
La pire journée de ma vie.
Ça fait déjà quelques semaines que ma mère a des difficultés respiratoires. Des dizaines d'examens sont faits, personne ne comprend. Elle ne peut même plus avoir une discussion sans être essoufflée ou simplement continuer les tâches du quotidien. Beaucoup de pleurs et d'anxiété sont au rendez-vous. S'iels ne trouvent pas rapidement ce qu'elle a, le deuxième poumon pourrait arrêter lui aussi de fonctionner. Les conséquences seraient énormes.
De mon côté, j'ai fait quelques examens dans les jours précédents. J'ai toujours eu des problèmes avec mes règles. J'ai aussi été diagnostiqué avec le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) il y a plusieurs années de cela. D'aussi loin que je me rappelle, lorsque je vais voir un médecin pour me plaindre, on me dit que c'est dû au SOPK. On ne prend pas vraiment le temps de regarder. À quoi bon? Je suis une femme obèse et qui a un diagnostic déjà établi. Perds 20 livres pis ça va bien aller.
Mon nouveau (merveilleux, super, fantastique) médecin de famille qui m'a pris en charge récemment, a commencé à trouver que ce n’était pas normal, lui, que je saigne environ 345 jours/an et que j'ai mal au ventre parfois durant 3 semaines (avec une semaine de répit). Par contre, je n'ai pas à m'inquiéter, mon PAP test était beau. On me fait une écho, et demande une IRM (c'est un beau 1000$ qui part assez vite ça!) au privé pour que ça aille plus rapidement.
14 janvier 2022.
Il est environ 10:30 AM lorsque ma mère m'appelle. Elle vient d'apprendre que son diaphragme gauche est paralysé. Elle ne retrouvera plus jamais l'usage d'un de ses poumons. Elle panique, je reste forte au téléphone. Dès l'instant où on raccroche, je contacte des centres de réadaptation. Je pense déjà aux emplois que je pourrais contacter pour prendre des shift la fin de semaine et ainsi lui offrir une thérapie physique quelque part, pour tester des choses.
Vers 14:00, je vois le numéro de mon médecin sur mon afficheur. Après quelques échanges ici et là avec des technicien.ne.s/infirmièr.e.s je me suis fait à l'idée que j'avais de l'endométriose. Ma mère en a eu à un stade très intense dans sa jeunesse. Ce n'est pas une bonne nouvelle, mais j'ai lu énormément sur des chirurgies au niveau de l'endomètre et je me suis fait à l'idée. Je m'attends donc à ce qu'il m'annonce ce diagnostic, et quelles seront mes options par la suite.
Dès que mon doc me dit bonjour, je sens qu'il y a un truc. Une petite nervosité dans sa voix. Il me demande de m'asseoir et me dit qu'on a trouvé une grosse tumeur dans mon utérus. Elle y fait sa maison depuis quelque temps. Le reste, je ne m'en souviens pas. À vrai dire, les jours qui suivent sont flous. Par contre, je ne peux oublier qu'il m'a dit que j'ai tout ce qui s'apparente être un cancer. C'est là depuis quelque temps, mais tsé, à quoi ça servait de vérifier vu que je suis grosse. On se rappelle du 20 livres magiques à perdre?
Le C word everyone. Je l'ai eu. Un diagnostic de cancer qui est majoritairement chez les femmes ménopausées. Je le reçois à 32 ans. Pendant que j'étudie pour une nouvelle carrière. Alors qu'on vient d'emménager ma copine et moi ensemble pour la première fois.
Alors que ma mère vient d'apprendre le matin même qu'elle est aussi malade.
Depuis mon annonce, j'essaie vraiment d'être aussi forte que possible. Je prends du temps pour me reposer physiquement, mais aussi mentalement. J'ai cherché de l'aide, des groupes de support. J'ai reçu plein de boites de Puffs <3
Ce qui me maintient saine d'esprit est d'avoir un but. Je veux faire un voyage lorsque ma convalescence sera terminée et que j'ai le go de maon oncologue!
Quelque chose à quoi m’accrocher.
En faisant 55% de mon salaire depuis plusieurs mois, économiser pour un voyage est loin d'être possible.
Avec un certain montant, je pourrai rêver, planifier, rechercher une destination à laquelle je m'adapterai. J'essaie d'accepter que je mérite un moment détente après tout ça.
Ah, pis avoir du fun (hopefully) en étant cancer free!
Un voyage, c'est très excitant et super spécial pour moi de le faire suite à ma convalescence.
En dehors de mon but, j'aimerais pouvoir avoir un peu d’argent pour voyager, mais aussi pour redonner. Redonner à ma merveilleuse amoureuse, Rebeka, qui m'accompagne depuis le début. Redonner à ma mère aussi, Lynda, qui malgré sa propre condition, continue de m’appuyer et que je voudrais soutenir à mon tour. Bref, avoir un peu d’autonomie financière pour des projets et penser à l’avenir.
De plus, je m’engage à offrir le nombre de jours que je partirai en voyage en jours de bénévolat auprès des jeunes de 15-39 ans ayant reçu un diagnostic de cancer. C’est un gros manque au Québec, et j’aimerais y apporter mon aide.
Alors, tu me suggères d'aller où ?
La pire journée de ma vie.
Ça fait déjà quelques semaines que ma mère a des difficultés respiratoires. Des dizaines d'examens sont faits, personne ne comprend. Elle ne peut même plus avoir une discussion sans être essoufflée ou simplement continuer les tâches du quotidien. Beaucoup de pleurs et d'anxiété sont au rendez-vous. S'iels ne trouvent pas rapidement ce qu'elle a, le deuxième poumon pourrait arrêter lui aussi de fonctionner. Les conséquences seraient énormes.
De mon côté, j'ai fait quelques examens dans les jours précédents. J'ai toujours eu des problèmes avec mes règles. J'ai aussi été diagnostiqué avec le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) il y a plusieurs années de cela. D'aussi loin que je me rappelle, lorsque je vais voir un médecin pour me plaindre, on me dit que c'est dû au SOPK. On ne prend pas vraiment le temps de regarder. À quoi bon? Je suis une femme obèse et qui a un diagnostic déjà établi. Perds 20 livres pis ça va bien aller.
Mon nouveau (merveilleux, super, fantastique) médecin de famille qui m'a pris en charge récemment, a commencé à trouver que ce n’était pas normal, lui, que je saigne environ 345 jours/an et que j'ai mal au ventre parfois durant 3 semaines (avec une semaine de répit). Par contre, je n'ai pas à m'inquiéter, mon PAP test était beau. On me fait une écho, et demande une IRM (c'est un beau 1000$ qui part assez vite ça!) au privé pour que ça aille plus rapidement.
14 janvier 2022.
Il est environ 10:30 AM lorsque ma mère m'appelle. Elle vient d'apprendre que son diaphragme gauche est paralysé. Elle ne retrouvera plus jamais l'usage d'un de ses poumons. Elle panique, je reste forte au téléphone. Dès l'instant où on raccroche, je contacte des centres de réadaptation. Je pense déjà aux emplois que je pourrais contacter pour prendre des shift la fin de semaine et ainsi lui offrir une thérapie physique quelque part, pour tester des choses.
Vers 14:00, je vois le numéro de mon médecin sur mon afficheur. Après quelques échanges ici et là avec des technicien.ne.s/infirmièr.e.s je me suis fait à l'idée que j'avais de l'endométriose. Ma mère en a eu à un stade très intense dans sa jeunesse. Ce n'est pas une bonne nouvelle, mais j'ai lu énormément sur des chirurgies au niveau de l'endomètre et je me suis fait à l'idée. Je m'attends donc à ce qu'il m'annonce ce diagnostic, et quelles seront mes options par la suite.
Dès que mon doc me dit bonjour, je sens qu'il y a un truc. Une petite nervosité dans sa voix. Il me demande de m'asseoir et me dit qu'on a trouvé une grosse tumeur dans mon utérus. Elle y fait sa maison depuis quelque temps. Le reste, je ne m'en souviens pas. À vrai dire, les jours qui suivent sont flous. Par contre, je ne peux oublier qu'il m'a dit que j'ai tout ce qui s'apparente être un cancer. C'est là depuis quelque temps, mais tsé, à quoi ça servait de vérifier vu que je suis grosse. On se rappelle du 20 livres magiques à perdre?
Le C word everyone. Je l'ai eu. Un diagnostic de cancer qui est majoritairement chez les femmes ménopausées. Je le reçois à 32 ans. Pendant que j'étudie pour une nouvelle carrière. Alors qu'on vient d'emménager ma copine et moi ensemble pour la première fois.
Alors que ma mère vient d'apprendre le matin même qu'elle est aussi malade.
Depuis mon annonce, j'essaie vraiment d'être aussi forte que possible. Je prends du temps pour me reposer physiquement, mais aussi mentalement. J'ai cherché de l'aide, des groupes de support. J'ai reçu plein de boites de Puffs <3
Ce qui me maintient saine d'esprit est d'avoir un but. Je veux faire un voyage lorsque ma convalescence sera terminée et que j'ai le go de maon oncologue!
Quelque chose à quoi m’accrocher.
En faisant 55% de mon salaire depuis plusieurs mois, économiser pour un voyage est loin d'être possible.
Avec un certain montant, je pourrai rêver, planifier, rechercher une destination à laquelle je m'adapterai. J'essaie d'accepter que je mérite un moment détente après tout ça.
Ah, pis avoir du fun (hopefully) en étant cancer free!
Un voyage, c'est très excitant et super spécial pour moi de le faire suite à ma convalescence.
En dehors de mon but, j'aimerais pouvoir avoir un peu d’argent pour voyager, mais aussi pour redonner. Redonner à ma merveilleuse amoureuse, Rebeka, qui m'accompagne depuis le début. Redonner à ma mère aussi, Lynda, qui malgré sa propre condition, continue de m’appuyer et que je voudrais soutenir à mon tour. Bref, avoir un peu d’autonomie financière pour des projets et penser à l’avenir.
De plus, je m’engage à offrir le nombre de jours que je partirai en voyage en jours de bénévolat auprès des jeunes de 15-39 ans ayant reçu un diagnostic de cancer. C’est un gros manque au Québec, et j’aimerais y apporter mon aide.
Alors, tu me suggères d'aller où ?

