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À 22 ans, on m'a volé mon identité pour monter une arnaque. À 31 ans je le découvre, À 32 ans, je me bats pour survivre.
Il y a des gens qui entrent dans votre vie comme une évidence. Monsieur le Méchant (on va le nommé comme cela) était l'ami d'enfance de mon grand frère. C'est lui qui m'a appris à faire du vélo. Quand j'avais 6 ans et que mes parents se séparaient, lui il était là. Quand j'en avais 20 et que mon père mourait, lui il était là aussi.
Alors quand, à 22 ans, il m'a proposé de monter une société ensemble, je n'ai pas hésité une seconde.
Il m'avait promis : "Dans un ou deux ans, on te prend une voiture sur la société, on t'aide à acheter ton premier appartement." J'étais serveur. Pas de diplôme de gestion, pas d'expérience, pas d'argent. Mais j'avais confiance en lui comme on fait confiance à un membre de la famille.
Monsieur le Méchant était interdit de gérer depuis la liquidation judiciaire de sa société précédente — une arnaque aux panneaux photovoltaïques qui avait fait la une de La Provence en 2015. Il ne pouvait légalement diriger aucune entreprise. Alors il avait besoin d'un nom. Il avait besoin de moi.
IEC TECH CO a été immatriculée le 19 juillet 2016. Capital : 30 000 euros. Gérant légal : Florent Visentin. Gérant réel : Monsieur le méchant — qui signait tous les documents à ma place, gérait seul les comptes bancaires, se présentait partout comme "Directeur Général", et utilisait mon identité comme un outil.
Dès les premiers jours après l'immatriculation, il virait 2 000 euros des fonds de la société vers sa propre SCI.
Pendant 7 ans, j'ai vécu sous sa domination totale. Je lui envoyais des rapports hebdomadaires de production. Je lui demandais la permission de valider un devis. Je justifiais mes dépenses professionnelles comme un employé à son patron. Il m'écrivait : "Pas de rapport, pas de paye." Il me menaçait. Il me manipulait. Et moi, j'avais 22 ans, puis 23, puis 24 — et je continuais à y croire, parce que c'était le frère de mon frère, et que les membres de la famille ne font pas ça.
Ils font ça, parfois.
Pendant ces années, voilà ce qu'il prenait :
- Des salaires exorbitants — jusqu'à 25 000 euros par mois — pendant que je touchais 2 000 euros meme moins
- Des travaux sur sa maison personnelle, réalisés avec les techniciens de la société, les camions de la société, les matériaux facturés à la société
- Des leasings de voitures de luxe à usage personnel — Mercedes Classe C, Porsche Cayenne, Ford Ranger....
- Des loges VIP à l'OM, pour son plaisir
- Une chaîne en or à 5 000 euros — achetée deux jours après son anniversaire, passée en "frais professionnels"
- Deux Prêts Garantis par l'État COVID contractés sans mon accord 250 000€ — dont l'argent a disparu dans des dépenses personnelles
- 70 000 euros déclarés comme dividendes à mon nom en 2021 — que je n'ai jamais vus
- L'achat de bureaux financés par la société 378 000€
En trois ans, les analyses financières établissent qu'il s'est sorti plus de 2,5 millions d'euros de la société — via des virements directs, des dépenses personnelles facturées à l'entreprise, des montages immobiliers, et des détournements de toutes natures. Tout ça sous mon nom. Tout ça sur mon dos.
Fin 2021, il a décidé de me rétrograder. Du jour au lendemain, je suis passé de responsable d'une équipe de 30 personnes à simple téléprospecteur — avec un responsable au-dessus de moi. Les frais mensuels que j'avançais, une paye qui ne suivait plus, une pression psychologique constante. Le système avait fonctionné : j'étais épuisé, isolé, sans ressources.
En 2022, c'était le burn-out total.
Je n'avais plus les moyens de payer mon loyer. séparé de ma conjointe, Pour ne pas me retrouver à la rue, j'ai fait une saison dans une sandwicherie l'été et aller vivre chez ma mère — moi qui avais géré une équipe de 30 personnes pendant des années. À la fin de cette saison, j'ai pris la décision de quitter la région et de m'installer à Toulouse pour recommencer à zéro.
Le 23 décembre 2022, je perdais mon permis de conduire. Seul à Toulouse, sans emploi, sans permis, sans filet.
C'est là qu'il m'a rappelé. "Reviens, je suis là pour t'aider, on va s'en sortir."
J'y ai cru une dernière fois.
Il m'a fait signer des lettres d'aval sur des dettes commerciales. Il m'a expliqué que des contrats importants allaient rentrer — plus de 500 000 euros en cours selon lui. Ces contrats sont effectivement rentrés. Mais l'argent a été utilisé à des fins personnelles, comme tout le reste avant lui.
Les fournisseurs, les charges sociales, les impôts — rien n'a été payé. La société s'est effondrée sous le poids des dettes qu'il avait accumulées pendant des années.
Et moi, j'avais signé. Parce qu'il me l'avait dit de signer. Parce que depuis 7 ans, je faisais ce qu'il me disait de faire.
Le 1er juillet 2024, le bébé de ma belle-sœur est né prématurément. Il était vivant. Il s'appelait à peine. Il a fallu l'endormir pour toujours le jour même....
Le 8 juillet 2024, nous l'avons enterré. Monsieur le méchant était là. Il m'a tenu dans ses bras pendant que je pleurais. Je lui ai dit : "Tu fais partie de la famille, reste."
Le 11 juillet 2024 — trois jours après les obsèques — il signait à ma place un acte de cession de créance de 62 783 euros, transférant cette dette sur mon nom personnel. Sans me le dire. Sans ma présence. Sans mon accord. Sa signature imitant mes initiales, comme sur tous les autres documents depuis 2016.
Je l'ai appris quand les huissiers sont arrivés chez ma mère en juillet 2025 suite a mon procès ou personnes n'est aller me défendre . Elle a 70 ans.
Voilà comment ça s'est passé : la dette avait été transférée à mon nom personnel à mon insu. L'avocat mandaté par Monsieur le méchant pour défendre la société ne savait pas que cette créance m'avait été attribuée personnellement. Résultat : un procès s'est tenu. Personne ne m'a défendu. Je n'étais même pas informé qu'il avait lieu. Le jugement a été rendu par défaut.
Aujourd'hui, j'ai 32 ans. Ma mère m'aide à survivre. J'ai une dette personnelle de 14 000 euros contractée pour subvenir à mes besoins. On me réclame actuellement 340 000€ suite a la liquidation judiciaire de la société. Les huissiers réclament 62 783 euros supplémentaires à mon nom — pour une dette que je n'ai pas contractée, sur un document que je n'ai pas signé.
Une plainte pénale est déposée au Tribunal judiciaire. Mon avocat, le cabinet ABP Avocats-Conseils, instruit le dossier. Les preuves sont nombreuses et solides.
Mais la justice prend du temps. Et moi, je n'ai plus de temps.
Cette cagnotte, c'est pour financer une partie des diligence actuel — une partie de ma défense juridique. Je ne demande pas qu'on règle tout à ma place. Je demande juste à pouvoir me battre.
Je ne demande pas la charité. Je demande à exister — et que cette histoire éclate au grand jour.
Si vous avez vécu quelque chose de similaire, si vous connaissez quelqu'un qui mérite que cette histoire soit entendue — partagez s'il vous plait.
Merci.
Florent Visentin


