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C’est le cœur en miettes que j’écris ce texte. J’aimerais vous remercier d’être ici et de prendre le temps de lire notre histoire.
Ce qui devait être le début de notre vie à deux est devenu un combat contre un cancer de stade 4. On pensait commencer notre vie, mais aujourd'hui, on se bat pour qu'il reste en vie.
Je m’appelle Pascale, Jessy est mon partenaire, mon meilleur ami, une partie de ma vie depuis 12 ans…On construisait notre avenir… tranquillement, une première maison et la tête rempli de projets et de rêves!
Jessy, c’est qui? C'est le bon gars, le bouffon qui fait rire tout le monde, le rassembleur, le médiateur. il est le genre de personne qui dégage une énergie positive difficile à décrire, mais qui donne envie d’être de bonne humeur. Un gars de party, oui… mais surtout un gars avec un cœur immense, toujours prêt à profiter de la vie au max. C’est quelqu’un qui donne tout pour les autres. Proche de ses émotions, le cœur dans la main, il est toujours là pour aider, pour nous faire sourire.
Un jour, à l’aube de ses 30 ans, Jessy s’aperçoit d’une lésion sur sa jambe droite. Un grain de beauté, se dit-il.
Les mois filent… et la lésion s’agrandit.
Fin décembre, une biopsie confirme le pire : un mélanome. Cancer.
Un mot. Ce mot que personne ne mérite d’entendre, mais surtout pas à 30 ans.
On panique, on a peur.
Un cancer de la peau… tout va bien aller, n’est-ce pas?
Tout de suite, une panoplie de rendez-vous s’ajoute à l’horaire.
Fidèle à lui-même, il se retrousse les manches.
Il passe une batterie de tests : TEP scan, CT scan, IRM, prises de sang.
On a finalement des résultats en janvier. Une biopsie ganglionnaire révèle une atteinte des ganglions inguinaux.
C’est encore plus inquiétant. Il devient impératif d’agir rapidement.
Jessy reste positif, souriant, résilient. Il croque dans la vie, chaque jour.
Avec l’oncologue et le chirurgien, ils décident d’un plan pour se battre : deux immunothérapies, suivies d’une chirurgie pour tout retirer.
Ganglions et mélanome cutané passeront sous le bistouri ; c’est le but ultime.
On est là pour se battre.
Il affronte un premier traitement d’immunothérapie.
Puis un deuxième.
Aucun effet secondaire majeur, tout va bien. Nous y sommes : il reste un dernier examen avant la chirurgie.
Le 12 mars, un dernier TEP scan. Sur notre calendrier, c’est la dernière étape avant le coup de grâce à cette maudite maladie. On y est presque.
Le 17 mars, on se rend au CHUM. Le cœur léger, remplis de soulagement à l’idée que ce cauchemar sera bientôt derrière nous. J’aimerais vous dire que tout s’est bien passé… J’aimerais tellement vous dire qu’on a enfin eu une date de chirurgie, qu’on est à un cheveu de la ligne d’arrivée… Malheureusement, ça frappe plus fort que jamais.
« M. Brosseau, vous avez des métastases hépatiques. » Métastases. Foie. Cancer. Stade 4. »
Tout se met à bourdonner.
Notre monde s’écroule.
Comment est-ce possible? On était si près du but.
On nous annonce qu’on ne parle plus de guérison complète.
On parle maintenant de prolonger la vie.
Les immunothérapies semblent avoir été inefficaces, du moins pour le moment.
On doit changer de traitement rapidement, avant que le cancer progresse ailleurs.
À la recherche de solutions, je discute avec l’oncologue.
Le plan A, c’était l’immunothérapie.
Le plan B, c’est la thérapie ciblée.
On doit débuter ces médicaments rapidement. C’est la seule façon de garder notre Jessy avec nous le plus longtemps possible.
On espère! On s’accroche! On avance un jour à la fois!
Jessy débutera la thérapie ciblée la semaine prochaine.
On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve en termes de temps, mais on s’accroche à nos petits rêves, dont celui de fonder une famille.
Une rémission de plusieurs années est possible s’il répond bien au traitement.
Ce n’est pas dans nos habitudes de demander de l’aide.
Nous sommes conscients que la vie s’acharne sur beaucoup de gens.
Mais aujourd’hui, nous faisons partie de ceux qui en ont besoin.
Nous devons mettre notre orgueil de côté aujourd’hui pour deux raisons;
1) Idéalement, nous aimerions ne jamais avoir à penser à un plan C.
Mais nous voulons être prévoyants. Depuis environ une semaine, ce plan n’est plus disponible au Canada.
La compagnie pharmaceutique s’est retirée des protocoles de recherche.
Si nous devons nous rendre au plan C, ce devra être à l’étranger.
AMTAGVI (lifileucel).
Un traitement estimé à environ 500 000 $ US. Avec l’hospitalisation et le suivi, on parle d’environ 1 million de dollars américains.
Plusieurs patients atteints de mélanome métastatique sont toujours en vie grâce à ce traitement, dit révolutionnaire, lorsqu’il est bien toléré.
Vous comprendrez que nous voulons dès aujourd’hui mettre toutes les chances de notre côté, pour permettre à Jessy d’avoir accès à cette option si nécessaire.
30 ans, c’est trop jeune pour mourir. C’est un montant énorme à amasser, nous en sommes bien conscients.
Mais je ne peux pas regarder mon amoureux traverser cette épreuve sans tout tenter pour le garder avec nous.
Jessy… lui… continue de sourire. Il continue de se battre. Il continue d’aimer la vie, même quand elle lui arrache tout.
Mais au-delà de cet objectif, j’aimerais aussi offrir un peu de répit à Jessy, qui continue de travailler malgré tout.
C’est la deuxième raison pour laquelle nous mettons notre orgueil de côté aujourd’hui.
Même si nous n’atteignons pas le montant pour le Plan C , chaque don fera une réelle différence dans notre quotidien.
En attente depuis 3 ans d’un diagnostic pour l’apnée du sommeil, il n’a jamais pu souscrire à une assurance invalidité indépendante.
Il a donc très peu de revenu de remplacement et continue de travailler malgré la maladie pour assumer ses responsabilités financières.
Le repos est essentiel pour combattre le cancer. Si on peut alléger le poids financier, il pourra rester à la maison et se concentrer à reprendre des forces.
C’est donc avec tout l’amour du monde que je vous partage notre histoire aujourd’hui.
Nous avons et aurons besoin de votre support, de votre voix, pour faire du bruit et faire bouger les choses.
Parce que Jessy a 30 ans.
Parce qu’il mérite de vivre.
Chaque don compte.
Chaque partage compte.
C'est une chance de plus de rires! Une chance de plus d’aimer! Une chance de plus de vivre!
On pensait commencer notre vie.
Aujourd’hui, on se bat pour qu’elle continue…
Merci de nous aider à traverser cette épreuve.
Jessy & Pascale





