Prépa beaux-arts


Il faut encourager les jeunes à vivre des rites de passage qui les mettent en danger, où le risque de douleur est aussi grand que le risque de plaisir. Sean Penn


        Océane ne regarde pas comme sa mère droit dans les yeux, ses yeux se voilent dans les angles de son regard. Elle aime dormir, à son réveil, elle se glisse le long des murs, ombre fluette. Si on la salue on n’est jamais sûr du son de sa voix mais plutôt d’un mouvement timide de lèvres, de la tête, et déjà elle disparaît. Océane, gazelle, effrayée par le bruit, par la foule, par le monde qu’elle affronte avec sa fine silhouette, courageuse silhouette fragile, affermie à cette fragilité. Elle glisse au ralenti dans la chaleur des rues porto-noviennes, emprunte des bus brinquebalants et inconfortables, serrée, bousculée par la foule impitoyable et poursuit son master en journalisme et communication à Cotonou, sérieuse et têtue, discrète et curieuse. Elle se construit à l’abri, se cache dans ses dessins, se cache pour imaginer des robes, se cache derrière ses sacs et chapeaux choisis avec soin. Elle travaille un an la peinture avec Sœur Henriette à Cotonou, apprend les couleurs, la perspective, la discipline assumée, autre que celle, si coercitive, si arbitraire de son école Notre-Dame, si bien cotée. Elle gagne, en liberté, en assurance, en audace, expose son travail, fait des ateliers, défile en mannequin : avec une présentation et un récit elle gagne une bourse et finance une partie de deux années d'études, plus tard un ami lui achète un dessin, puis elle écrit le seul texte valable sur les liens entre ceci n'est pas une pipe et ceci n'est pas une école, projet qui amorce une école d'art alternative au Bénin... Elle ne danse pas, elle chante, la vie n'est pas une telenovela et Poupette continue...

        Féministe sans slogans, sa mère a livré un combat permanent pour son indépendance et pour offrir indépendance d'esprit par l'éducation à ses filles. Les affranchir à la fois de la fatalité d’un hasard de géographie et de l'éternel masculin.

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         Une semaine après la disparition, soudaine, terrible, inattendue de ma mère, j'ai obtenu un visa d'études d'un an pour la classe préparatoire de Beaux Arts de Nantes. Pour la première fois je quittais mon pays, le Bénin. Mais je n'avais plus aucun moyen de la payer. Une décision rapide s'est imposée. Deux semaines plus tard, j'avais réuni avec l'aide des amis ici et là-bas l'argent pour le test obligatoire, pour le vol en aller simple Cotonou-Paris, et le 17 octobre dernier je descendais de train à Nantes accueillie par un couple d'inconnus qui, s'ils ont fait d’abord confiance à ma mère, m'hébergent maintenant avec une grande générosité.


        A 24 ans, pour la première fois je dois me débrouiller par moi-même. Et ce pays qui m'accueille pour la première fois aussi est si différent de tout ce que je connais, du mien. Les frais de scolarité de cette école qui me permet d'accomplir mon rêve, comprendre comment recréer le monde et participer de son changement, sont élevés. 4 100€ dont seulement les frais d'inscriptions, 150€ ont été réglés.

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        Le programme très chargé ne me permettra de travailler que lors des vacances scolaires. Entre temps je dois me déplacer, acheter du matériel pour mon travail, me nourrir, participer de mon entretien. Un tremplin pour le désir de devenir moi, d'être pleinement. Comme ma mère l’a souhaité pour moi. De partager ce que je suis, chercher à atteindre les autres, les conduire dans un monde qui ne m'appartient qu’avant de l'offrir par touches.

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        Un calcul ascétique m'amène à 7 000€.  3 950€ pour l'école, le reste pour ma survie les prochains 10 mois.  7 000€ pour faire fructifier cette année qui m'amènera aux Beaux Arts.

       
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    Pour vous remercier, elle pourrait dessiner pour vous, ou peindre, les formats et les supports seraient différents en fonction de votre apport, elle pourrait demander à ses sœurs à Cotonou, au Bénin, de vous confectionner des bijoux ou de vous coudre des sacs à main en tissus "africains"... mais il n'y a pas d'échange possible si on change le cours d'une vie. Et quel pouvoir que de changer le cours d'une vie. Presqu'une ivresse...Ou si.
    Elle pourrait échanger avec vous 15 minutes avec chacun d'entre vous. Un temps concentré qui sera d’autant plus précieux, pour chacun.
    Et si certains ne pouvaient pas lui offrir une contribution en argent, ils pourraient lui offrir une idée, une piste, une aide d’une autre nature tout aussi précieuse pour déblayer son chemin.
     Elle pourrait vous donner 24 heures de soi. 24 heures de sa vie, ou plus, en échange d'une année qui changera la sienne. La vôtre ne changera pas avec cet échange, mais la vie sera un peu plus, comme à chaque fois qu'il y a rencontre.
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